Production d’écrits au CP: deuxième partie

15 Juil

Voici ce que j’ai appris au cours de cette formation.

La dictée à l’adulte c’est

1° Ecouter l’enfant dire ce qu’il veut écrire
2° Le reformuler dans un français correct, si besoin.
3° Demander à l’enfant si c’est bien ce qu’il veut dire
4° En accord avec l’enfant écrire la phrase, l’histoire…

C’est un enseignement. L’adulte est là pour aider l’enfant à construire
son langage écrit, à l’enrichir tout en conservant  son idée.
L’auteur c’est l’enfant.

Le cahier d’écrivain

Le cahier d’écrivain permet à l’enfant d’écrire régulièrement
sans être contraint par les règles d’orthographe, de grammaire ou
de conjugaison.
C’est un cahier où l’on apprend à s’exprimer en écrivant.
Pour pouvoir s’exprimer, il faut se sentir libre. Ce qui compte c’est
ce qu’on dit.
La crainte des enseignants face à ce cahier c’est la masse de
corrections qu’il demanderait si chaque enfant écrit chaque jour!
Mais, lors de la formation, Danièle Adad a confirmé (ce que je pensais)
qu’il n’est pas nécessaire que l’enseignant corrige ce cahier.
Par contre, on peut s’en servir pour évaluer les enfants à un temps T.
Ce que j’ai fait pour l’évaluation de fin d’année.

Au CP, j’utilise un cahier dit “de travaux pratiques”.
les enfants écrivent puis dessinent à côté pour illustrer leur texte.

En début d’année, j’ai pratiqué plusieurs méthodes:
#  Je les laissais écrire comme ils pensaient, comme le propose
Yves Nadon
#   J’ai utilisé les étiquettes mots qui ont l’avantage d’être comprises
par n’importe quel lecteur mais qui limitent fortement la création
#  Et, j’ai utilisé la dictée à l’adulte (méthode qui ne me plaisait pas
avant que j’en comprenne le fonctionnement, mais que je
réutiliserai plus aisément maintenant.)

Puis, le cahier d’écrivain sert de support lors des temps où
les enfants écrivent en autonomie (centres de littératie).

Et, petit à petit, à partir du 2eme trimestre, ils commencent à écrire
pour raconter leur week – end, un événement vécu en classe, une sortie…

Au troisième trimestre, nous pratiquons le jogging d’écriture.
Un peu à la manière de Zazou. Pour en savoir plus, un petit clic sur
son bouton: 

Cette année, certains enfants se sont vraiment pris au jeu et
pouvaient écrire une page complète. Une enfant a ainsi terminé
son cahier, le 4 juillet au matin, se demandant comment elle ferait après…

Ecrire un livre
ou le plaisir d’écrire ensemble

Découvert et pratiqué lors de la formation, j’ai pu le mettre en place
en fin d’année avec mes élèves et nous avons écrit un livre que nous
avons donné à la bibliothécaire de l’école après qu’elle ait écouté
l’histoire lue par 3 enfants de la classe.
Ce travail se déroule sur plusieurs jours, de préférence pas trop
éloignés dans le temps afin que l’on garde bien le sujet en tête.

Tout d’abord, il faut avoir un inducteur; un tableau, un objet,
une image, une musique, un événement qui servira de point de départ.

Premier jour (lundi par exemple)
L’enseignant présente l’inducteur qu’il a choisi et laisse les enfants
exprimer ce qu’ils voient, ce qu’ils ressentent.
Il note sur un tableau, une affiche, ce que disent les enfants.
Ce panneau reste visible dans la classe et pourra être utilisé
lors des temps d’écriture.

Ensuite, on crée le synopsis de l’histoire:
Que s’est il passé auparavant?
Que se passe-t-il? On peut imaginer plusieurs rebondissements.
Et après que va-t-il se passer?

Là encore, l’enseignant écrit sur une grande feuille ce que proposent
les enfants. Mais c’est un temps de discussions où chacun doit
pouvoir donner ses idées et où il faut se mettre d’accord pour
construire les grandes lignes de l’histoire.

Avant la prochaine séance, l’enseignant écrit les différents moments
de l’histoire sur des feuilles séparées

Deuxième jour
(mardi par exemple)
Les enfants travaillent en groupes (au CP, 4 maximum) sur
une partie de l’histoire afin de rajouter des détails.
Au CP, on peut utiliser la dictée à l’adulte. Pendant que l’enseignant
est avec un groupe, les autres travaillent en autonomie.
L’enseignant va de groupe en groupe. ou bien l’enseignant
travaille avec un groupe faible et laisse les autres travailler seuls.

Avant la prochaine séance, l’enseignant annote le travail réalisé.
Questions, propositions pour améliorer…

Troisième jour (jeudi par exemple)
les enfants reprennent leur travail et essaient d’améliorer selon
les conseils donnés par l’enseignant. Cette phase m’a semblé
un peu difficile pour des CP.  Pour que cela se passe bien, je leur
ai demandé dans chaque groupe de s’organiser pour faire les
illustrations de notre histoire. Pendant qu’ils faisaient
leurs illustrations, je passais de groupe en groupe afin de faire
avec eux le dernier travail d’amélioration.

Lorsque toute l’histoire a été terminée, nous avons tout relu
à la suite afin de voir si les différentes parties s’enchaînaient bien,
si les temps concordaient. On a changé quelques détails et voilà.

Quatrième jour (vendredi par exemple)
C’est le jour de la mise au propre

Pour cette première expérience, je me suis occupée de tout écrire
à l’ordinateur pour réaliser le livre. Nous étions l’avant-dernière
semaine de l’année scolaire et je voulais qu’ils voient le résultat
avant les vacances.

Hormis le l’album réalisé pour la bibliothèque, chaque enfant
a pu remporter un exemplaire du livre, en petit format et…
sans les images. Grâce au site:

qui permet de réaliser des livres sur une page format A4.
Il suffit de plier comme expliqué sur le site.

L’année prochaine, je les ferai taper le texte eux-mêmes, lors
des temps en salle informatique, je pense.

Et le plaisir d’écrire dans tout ça?
Il était présent pendant toute la semaine d’écriture. Mêlé à une
légère inquiétude (et si on n’arrive pas à faire notre histoire?),
à un peu d’impatience. Et la fierté des enfants lorsque je leur ai
apporté le livre! Ils étaient ébahis, fiers d’eux!

Ce fut une belle expérience et l’an prochain, je projette de faire
écrire 3 livres au cours de l’année à mes nouveaux CP.
J’ai commencé à voir quelles semaines je pourrai bloquer pour
mener à bien ce travail. Mais ceci est une autre histoire…

 

2 Replies to “Production d’écrits au CP: deuxième partie

  1. Je te suis parfaitement sur ce travail d’écriture qui peut être vraiment riche, débordant même! Écrire une histoire, c’est gratifiant et ça pose tellement de questions ! Les enfants se rendent compte aussi du travail véritable de l’auteur d’albums. C’est un “vrai travail d’écriture” truffé de contraintes, de plaisir mais aussi de déceptions qu’il faut en plus gérer… Et les enfants sont toujours enthousiastes.

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